
La veille du mariage, le téléphone sonne. C’est Sophie, traiteur à Caen que j’accompagne depuis son installation. Son armoire réfrigérée affiche +12°C au lieu de +3°C. Quatre-vingts couverts. Pas de plan B. Ce jour-là, elle a perdu 1 200€ de marchandises et failli annuler une prestation à 4 500€.
Ce scénario, je le vois revenir trop souvent. Votre équipement frigorifique ne se contente pas de garder vos produits au frais. Il conditionne la qualité gustative de vos préparations, votre conformité sanitaire, et surtout votre capacité à honorer vos engagements le jour J.
- Température maximale +3°C pour les produits frais (réglementation française)
- Budget armoire pro : entre 900 et 3 500€ selon capacité
- Un contrôle DDPP peut fermer votre établissement immédiatement
- Priorité absolue : le froid positif avant le froid négatif
Ce que le froid change vraiment dans vos prestations
30 établissements
Fermés depuis début 2025 dans le seul département du Gard pour non-respect des normes sanitaires
Le chiffre fait froid dans le dos. Selon le rapport de la préfecture du Gard 2025, ces fermetures concernent restaurants, brasseries, boulangeries et snacks. Le point commun ? Des températures de conservation hors normes.
La réglementation ne plaisante pas. L’arrêté du 21 décembre 2009 impose que vos préparations culinaires passent de +63°C à +10°C en moins de deux heures, puis soient conservées entre 0°C et +3°C. Pas de marge de manœuvre.
Au-delà de la conformité, c’est votre réputation qui se joue. Une mousse au chocolat qui suinte, des verrines dont la texture a viré, des canapés qui ont perdu leur fraîcheur : vos clients ne reviendront pas. Et ils en parleront.
Dans les structures que j’accompagne en région parisienne et Normandie, le sous-dimensionnement du froid reste le piège classique. Plus d’un traiteur sur trois se retrouve à louer un camion frigorifique en urgence la veille d’un mariage. Coût moyen : 250 à 400€ qui auraient pu être anticipés. Ce constat est limité aux traiteurs événementiels que j’ai pu observer ; la fréquence peut varier selon la taille de la structure et le volume d’activité.
Les équipements qui font la différence pour un traiteur

Je conseille toujours de commencer par une armoire réfrigérée positive fiable avant d’investir dans du froid négatif. Soyons clairs : 80% de vos préparations y passent. Le surgélateur peut attendre si le budget est serré.
D’après l’étude EUROMAT CHR 2026, comptez entre 900 et 3 500€ pour une armoire professionnelle, avec des capacités allant de 400 à 2 200 litres. Durée de vie attendue : 10 à 15 ans si l’entretien suit.
Pour comparer les références disponibles, des catalogues spécialisés comme procie.com permettent d’évaluer les options selon votre configuration de laboratoire.
| Équipement | Pour qui | Budget indicatif | Priorité |
|---|---|---|---|
| Armoire positive 400L | Traiteur débutant, 2-3 événements/semaine | 900-1 500€ | Indispensable |
| Armoire positive 700L+ | Traiteur établi, événements 100+ couverts | 1 800-3 500€ | Prioritaire |
| Cellule de refroidissement | Liaison froide, gros volumes | 2 500-5 000€ | Recommandé |
| Vitrine réfrigérée mobile | Buffets, cocktails sur site | 800-2 000€ | Selon activité |
Froid ventilé ou statique ? Pour un traiteur, le froid ventilé l’emporte presque toujours. Il assure une température homogène dans toute l’armoire, évite les zones chaudes, et vos préparations sèchent moins vite. Le surcoût se justifie.
Comment éviter la panne le jour J (et le contrôle qui fait mal)
Je reprends le cas de Sophie, cette traiteur bio de Caen. Son premier contrôle DDPP est tombé après huit mois d’activité. Verdict : réfrigérateur domestique non conforme aux normes pro. Pas de relevé de température automatique. Mise en demeure avec délai de trois mois pour se mettre en conformité. Investissement forcé : 2 800€ dans une armoire positive professionnelle.
Le contrôle DDPP peut arriver sans prévenir. Comme le rappelle Service-Public.fr, en cas de danger pour la santé du consommateur, la fermeture de l’établissement ou le retrait de l’agrément sanitaire peuvent être immédiats.
La question du choix du fournisseur d’équipements pour restauration devient alors cruciale pour éviter ces situations et garantir du matériel conforme dès le départ.
Votre vérification froid avant chaque prestation
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Vérifier l’affichage température : entre 0°C et +3°C -
Contrôler les joints de porte (pas de givre anormal) -
Écouter le groupe frigorifique (bruit inhabituel = alerte) -
Noter la température sur le registre PMS -
Vérifier le stock de conteneurs isothermes pour le transport

Les 3 signaux qui annoncent une panne :
- Température qui fluctue de plus de 2°C sans raison
- Groupe frigorifique qui tourne en continu sans jamais s’arrêter
- Formation de givre excessive sur les parois ou le joint
Si vous observez l’un de ces signaux, faites intervenir un technicien sous 48 heures. Ne prenez pas le risque d’attendre la prestation suivante.
La maintenance préventive coûte bien moins cher qu’une panne sèche. Dans les dossiers que je vois, un contrat d’entretien annuel tourne autour de 150 à 300€. Comparé au coût d’une location en urgence ou d’une marchandise perdue, le calcul est vite fait.
Vos questions sur l’équipement froid en activité traiteur
Puis-je utiliser un réfrigérateur domestique pour mon activité traiteur ?
Techniquement non. Un réfrigérateur domestique ne dispose pas de relevé de température automatique ni de la puissance frigorifique nécessaire pour maintenir une température constante avec des ouvertures fréquentes. Lors d’un contrôle DDPP, c’est une non-conformité quasi-systématique.
À quelle fréquence dois-je relever les températures ?
Au minimum deux fois par jour (matin et soir) selon les préconisations HACCP. Les armoires professionnelles modernes enregistrent automatiquement, ce qui simplifie la tâche et constitue une preuve en cas de contrôle.
Froid ventilé ou statique : lequel choisir pour un traiteur ?
Le froid ventilé, sauf budget très contraint. Il garantit une température homogène dans toute l’armoire et limite les écarts lors des ouvertures répétées pendant les phases de préparation intense.
Que faire si mon frigo lâche la veille d’une prestation ?
Première urgence : transférer vos denrées chez un confrère ou dans un camion frigorifique loué. Deuxième réflexe : documenter la rupture de chaîne du froid pour évaluer ce qui est récupérable. La règle des deux heures maximum entre +63°C et +10°C reste votre boussole.
Comment prouver la conformité de ma chaîne du froid lors d’un contrôle ?
Trois éléments clés : votre registre de relevés de température (papier ou numérique), les fiches techniques de vos équipements, et votre Plan de Maîtrise Sanitaire à jour. Un inspecteur DDPP vérifiera la cohérence entre ce que vous déclarez et ce qu’il observe.
L’équipement frigorifique représente un poste d’investissement conséquent. Si vous cherchez à rationaliser vos dépenses globales, consultez le guide sur l’optimisation des dépenses de votre activité traiteur pour identifier d’autres leviers.
Et maintenant ?
Faites le tour de votre laboratoire. Votre armoire affiche-t-elle bien entre 0°C et +3°C en ce moment ? Votre registre de températures est-il à jour ? Si la réponse à l’une de ces questions est non, vous savez par où commencer.
Réglementation et contrôles : ce que cet article ne remplace pas
- Ce guide ne remplace pas un audit HACCP réalisé par un organisme agréé
- Les températures et seuils mentionnés sont ceux en vigueur en 2026 et peuvent être actualisés
- Chaque configuration de laboratoire traiteur nécessite une étude spécifique
Risques à connaître :
- Risque de fermeture administrative en cas de non-conformité constatée lors d’un contrôle DDPP
- Risque de mise en cause pénale si une intoxication alimentaire est liée à une rupture de chaîne du froid
Pour un accompagnement personnalisé, contactez la DDPP de votre département ou un organisme de formation HACCP agréé.